Le Plan B, le plan Blair

Le Plan B de l’Europe c’était bien le plan Blair…

Le vote NON est un cadeau à l’Angleterre et à la conception libérale tant décriée de l’Europe, voilà qui doit faire plaisir à Olivier Besancenot, Laurent Fabius, Marie-Georges Buffet…

Je crois que la Constitution européenne est enterrée pour longtemps. Le Président de la République a eu tort, parce qu’il est affaibli, de prendre lui-même l’initiative des hostilités avec l’Angleterre. La PAC risque d’en pâtir et elle est un des pilliers de l’Europe construite depuis 50 ans, constamment attaquée par les anglais.

Je trouve vraiment que nous multiplions les maladresses sur le plan international et européen.

6 réflexions sur « Le Plan B, le plan Blair »

  1. Chirac a surtout eu le tort de laisser sa haine giscardienne prendre encore le dessus. Dans cette optique, il connaît bien les Français, il a demandé un référendum, dont il savait pertinemment qu’il le perdrait. D’ailleurs, la meilleure campagne pour le « non » s’est élaborée à l’Elysée.
    Et tiens, sur le plan international, qu’est-ce que c’était que cette connerie de refuser d’aller en Irak ? Fillon avait raison, on ne retiendra rien de Chirac.

  2. L’échec du Conseil vient le confirmer avec fracas.
    Mais pensez-vous vraiment que le Président ait pris l’initiative d’ouvrir les hostilités avec Blair ?
    Il me semble bien davantage que Blair avait véritablement l’intention de faire échouer ce Conseil, quoi qu’il advienne.
    Et puis, puisque la Grande Bretagne avait donné son accord sur le financement de la PAC depuis 2013, pensez-vous Chirac suffisament stupide pour faire de lui-même d’un point non contesté une pomme de discorde ?
    S’il y a un tort, de la part de Chirac, c’est peut-être d’avoir fait part d’exigences, en misant sur un scenario classique de Conseil européen : on montre les muscles d’abord, puis on s’assied et on négocie. Au lieu de cela, les britanniques avaient l’intention manifeste de ne rien céder. Si Chirac n’avait rien demandé, les britanniques auraient peut-être eu la partie plus rude, politiquement.
    Monsieur Goasguen, peu de gens ont véritablement envie de voir se maintenir le Chichi à l’Elysée. Mais est-ce une raison pour lui coller tous les malheurs du monde ?

  3. Vous avez dit paradoxal ?
    par Jean-André Tsimaratos
    Président de la Commission Génération Europe
    Le 29 mai au soir, les partisans de la gauche du NON se réunissaient à la Bastille pour fêter la victoire du refus de l’Europe libérale et anglo-saxonne que représentait, selon eux, le rejet du Traité Constitutionnel.
    Le même soir la droite du OUI tétanisée, sans prendre le temps et la précaution d’analyser les résultats du scrutin, se hâtait de déclarer qu’elle avait compris le message du corps électoral et qu’elle allait défendre le modèle social français.
    Le 17 juin le Conseil Européen se séparait sur un constat d’échec. Les Français consternés, imputés l’échec à Tony Blair et prenaient à témoin la presse. Le lendemain, un Tony Blair triomphant rendait compte au Parlement britannique des détails des négociations et des raisons de l’échec, qu’il imputait au conservatisme et à l’archaïsme du tandem franco-allemand. Il obtenait un satisfecit unanime
    Le 23 juin au Parlement Européen à Bruxelles devant un parterre qui ne lui est pas acquis, Tony commençant par un tonitruant « I am a passionate European », qui provoque une bronca extraordinaire, déroule le programme de la politique qu’il promouvra pendant les six mois de la présidence Britannique et renverse la tendance en se faisant acclamer. Il propose une Europe dynamique, entreprenante, efficace sur le plan économique, capable de créer des emplois pour faire baisser le chômage, favorisant la recherche, développant l’éducation, apte à concurrencer la Chine et les Indes. Face au « modèle social français » il propose « un modèle social européen ». Foin de « modèle social britannique » auquel il délivre, au passage, une mention très bien en faisant observer que son gouvernement a investi plus d’argent que n’importe quel autre gouvernement européen dans ses services publics.
    Les enseignements tirés par les médias européens et plus particulièrement français, sont que les résultats des deux récents référendums en France et aux Pays-Bas ont d’une part désigné un seul vainqueur, Tony Blair, et d’autre part, modifiés profondément les rapports de force en Europe. Le tandem franco-allemand est à la dérive et le Royaume-Uni devient le moteur de la construction européenne bientôt rejoint par l’Allemagne de la CDU qui est donnée gagnante des élections législatives.
    Depuis cette fameuse fête de la Bastille on ne voit ni n’entend plus les Buffet, Emmanuelli, Besancenot, Mélenchon, Bové ou Fabius pérorant sur l’Europe sociale que le Traité Constitutionnel aurait enterré, selon eux. On les voit et on les entend lorsqu’il s’agit des intrigues des partis en France. Qui dirigera le parti socialiste ? Qui sera candidat à la présidentielle ? Comment faire pour capitaliser la vague du NON aux prochaines législatives ?
    Ces grands partisans de l’Europe qui voulaient la sauver, en poussant les français à rejeter le Traité et en leur promettant, dès le lendemain, une nouvelle Europe bâtie sur le « modèle social français » sont devenus « franchouillards ». Ils se satisfont du pouvoir en France et nous promettent de creuser encore un peu plus les déficits publics, de combattre le chômage en doublant le nombre de fonctionnaires, de renationaliser les entreprises privées et de prendre aux riches pour donner aux pauvres.
    Quant aux médias, constatant que l’audimat ne fait pas le plein avec les tenants du NON et qu’il est malséant de parler de l’Europe, de son avenir et du rôle de la France car on risque de se rendre compte qu’ils n’ont rien vu venir, ont trouvé un nouveau dada : la VIe République.
    La conclusion que moi je tire de tout cela, c’est qu’il y a des malentendus et des paradoxes.
    Un des malentendus consiste à faire croire qu’après la chute du communisme en tant que régime économique et la mondialisation, il y a de la place pour un marché dit « social » de même type que celui qui existait, dans certains de nos pays et notamment en France, avant cette chute.
    La caricature du libéralisme et plus particulièrement des pratiques anglo-saxonnes est un autre malentendu, encore plus grave que le premier, car il empêche la mise en œuvre de solutions efficaces pour combattre certaines difficultés économiques et sociales en France.
    Mais ce qui me paraît être le malentendu le plus dangereux, est celui qu’entretiennent les médias, le monde politique et les élites de la France, au sujet de la querelle anglo-française sur leurs, soi-disant, modèles économiques et sociaux respectifs.
    En effet, il est certain que les britanniques ne prétendent pas disposer ou défendre un « modèle économique ou social » quelconque. En revanche, ils assument pleinement le fait qu’ils ont fait le choix de financer la création d’emplois plutôt que de garantir le revenu des demandeurs d’emplois et, d’une manière générale, que le pragmatisme l’emporte sur les doctrines. Ainsi, ils sont en mesure d’expérimenter toute proposition qui vise à renforcer l’emploi, à accroître la croissance et à rationaliser la gestion du secteur public.
    A l’opposé, les français sont dans l’impossibilité d’imaginer quelque mesure que ce soit, qui ne réponde pas à une doctrine convenue. Cette attitude, conforte le principe de la pensée unique. Il significatif de constater que, pendant la campagne référendaire, les ténors politiques du NON comme du OUI ainsi que tous les partis défendaient avec acharnement le « modèle social français ». Le débat s’est limité sur la question de savoir si le Traité Constitutionnel défendait ou non ce modèle ! Tous les autres aspects du Traité, notamment, institutionnels, politiques, renforcement des droits de l’Homme etc., sont passés au second plan ou escamotés.
    Ce phénomène a eu comme conséquence le paradoxe suivant : les responsables politiques animés par la volonté d’appliquer une politique économique libérale défendaient, au nom de ses autres aspects, un Traité qui leur aurait imposé un carcan « social ». De leur côté, les politiques de la gauche radicale poussait le corps électoral à rejeter un Traité qui leur aurait permis de défendre leur conception sociale de l’Europe !
    Si la pensée unique n’était pas aussi profondément ancrée en France, nous aurions pu assister à un débat d’idées qui aurait pu conduire les responsables politiques à imaginer des solutions hardies et innovantes répondant aux vraies préoccupations des Français.
    Depuis vingt ans, toutes les politiques mises en œuvre pour faire reculer le chômage ont échoué et ont contribué à creuser le déficit budgétaire de l’Etat. Cependant, à l’exception de quelques libéraux, nul en France n’ose reconnaître ces échecs successifs et expérimenter des solutions qui ont fait leurs preuves, au prétexte qu’elles ne respectent pas le modèle social français.
    La tournure prise par les événements lors du dernier Conseil Européen, laisse à penser que les pratiques économiques libérales seront de plus en plus nombreuses au sein de l’Union Européenne, sous l’impulsion des britanniques et des nouvelles alliances qui remplaceront le fameux tandem franco-allemand.
    Ainsi, aussi paradoxal que cela puisse paraître, grâce aux partisans du NON et à leur campagne, le libéralisme pourra se donner à cœur joie en Europe. Le moment est donc venu de remettre les pendules à l’heure en France, mais ceci fera l’objet d’un autre article.

  4. Claude, avez-vous lu le livre « Faut-il bruler le modele social francais? »? Je crois qu´il y a dans ce livre, que j´ai lu ce week-end, du grain à moudre pour nous, pour ces changements que nous voulons, pour être à la fois laisser fonctionner nos entreprises tout en conservant et en financant notre modele social. C´est la Finlande qui est numéro 1 des classements modiaux sur la competitivité, et le livre montre combien ces modeles nordiques sont transposables, pour sortir du debat ideologique ou nous nous enfermons stupidement. Cela m´a donné envie de participer au débat et faire changer notre pays

  5. Merci, Monsieur Goasguen
    Grace à vous, je sais où je suis sur l’échiquier politique ! Centre Gauche !
    En effet, je remarque que je suis toujours opposé à vous sur la plupart des sujets d’opinion.
    Je pense surtout que si les Français ont voté NON, c’est un peu parce que ce Traité ne respecte pas nos valeurs. Il se fait l’ambition d’une Europe liberale!
    « Les citoyens auront accès au libre-échange économique… » Je ne sais plus trop comment la phrase était rédigée, mais je l’ai lue ! Et j’ai répondu :
    « Quelle importance ? Qu’est-ce que ça va apporter de bien dans ma vie ? »
    Mais pour les choses qui touchent au coeur des Français, rien !
    La protection culturelle du camembert et du vin de paille ? rien écrit ! Si !
    « Les cultures nationnales seront protégées. »
    Ça veut dire quoi ? Comment seront-elles protégées ?
    Aujourd’hui, je voterai OUI, car sinon, l’Europe serait arrêtée, ce dont je ne veut pas!
    Reste que j’aimerai un peu moins qu’on parle d’économie, et plus des gens, de la façon dont ils vivent, et de ce qui les fait avancer.
    Les Français ont l’impression (et tout ce que je lis me le confirme) que les Anglo-Saxons ont un modèle social des plus simples : chacun pour soi, et Dieu pour Tous (car, bien sûr, il est toujours présent, LUI !).
    Aujourd’hui, j’ai l’impression que le couple Franco-Allemand se reforme. Merkel prend ses distances avec les USA et défend un modèle social européen… Les critères de Lisbonne (assez libéraux, il faut le reconnaître) ne sont pas abandonnés, mais on oublie pas pour autant qu’avant d’être une entité économique et une variable d’ajustement (doctrine économique libérale), on reste des êtres humains…

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