Edito de l’Equipe Magazine

Edito de Jean-Philippe Leclaire pour l’Equipe Magazine du 17 février 2007 : Aucune vision

Le Conseil de Paris a donné son feu vert, mardi dernier, à la destruction puis à la reconstruction d’un stade de rugby sur le site de Jean Bouin, pour un coût estimé à 111 millions d’euros. C’est une très bonne nouvelle pour le Stade Français, son président Max Guazzini, et plus généralement, pour tous les amateurs de rugby à Paris. L’actuel concessionnaire du lieu, l’association Paris Jean Bouin, prend les choses avec beaucoup moins de philosophie. Son président Jacques Lelièvre dénonce même "un sacrifice au sport business et au show-biz", dont les premières victimes seront les athlètes et les hockeyeurs sur le gazon du PJB, priés d’aller jouer ailleurs afin de faire de la place au rugby.

Pendant ce temps-là, de l’autre côté de la rue, le Parc des Princes tente de retrouver un début de sérénité après les semaines les plus cauchemardesques de son histoire. Le PSG est 16ème du Championnat de L1 et l’un de ses supporters a été tué par un policier, le 23 novembre dernier. Dans le meilleur des mondes, les rugbymen du Stade Français délaisseraient  leur enceinte jugée trop vétuste de Jean Bouin pour s’installer au Parc, juste en face, tandis que le PSG prendrait possession du Stade de France, où il aurait du mal à avoir de plus mauvais résultats, mais pourrait beaucoup plus efficacement surveiller ses supporters les plus violents.

Mais voilà, à Paris, les choses ne se passent pas comme ça. Le Stade Français, c’est Jean Bouin ; le PSG, c’est le Parc des Princes ; et le Stade de France, la plus belle et la plus moderne enceinte du pays, c’est toujours personne neuf ans après son inauguration. Et peu importe si, en 2006, l’Etat a encore dû verser 4,6 millions d’euros d’indemnité au concessionnaire du SdF pour absence de club résident. Ne parlons même pas du stade Charléty, entièrement reconstruit en 1994 et qui connaît ses plus belles affluences les jours de grande brocante…

Que l’on ne se méprenne pas, nous n’avons rien contre la tradition, et Max Guazzini a tout à fait raison de vouloir la plus belle des maisons. Reste que la polémique autour de Jean Bouin démontre surtout qu’en matière de stades, sous la gauche comme sous la droite, la Mairie de Paris n’a jamais adopté qu’une seule ligne de conduite : le coup par coup, sans aucune vision. Vivement les Jeux Olympiques de Paris 2020 pour remettre de l’ordre dans tout ça !

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