La pollution et les poids lourds : des pseudos mesures pour Paris

Avec deux mois de retard par rapport à l’annonce faite en février dernier, l’interdiction des poids lourds et autocars les plus polluants ne rentre en vigueur qu’aujourd’hui. On pourrait s’en réjouir si cette mesure ne tenait pas plus du bricolage médiatique que d’une réelle volonté de réduire significativement la pollution chronique à Paris.

L’interdiction ne concerne que les véhicules immatriculés avant 2001 (16% des poids lourds), quand Londres cible les poids lourds et autocars antérieurs à 2006. Alors que la Maire de Paris nous annonçait en février une restriction permanente, la mesure ne s’applique qu’entre 8h et 20 heures. Enfin, en refusant d’inclure le périphérique dans le périmètre d’interdiction, la Maire de Paris limite considérablement la portée du dispositif. Les poids lourds polluants pourront donc continuer à transiter par le boulevard périphérique, en plein cœur de la métropole.

Pire, en l’absence d’étiquetage des véhicules et de contrôles automatisés, seuls les forces de l’ordre peuvent opérer des contrôles aléatoires. Et le Préfet de Police a déjà précisé que le maintien du dispositif Vigipirate à son niveau le plus élevé ne permettrait pas de mobiliser les effectifs nécessaires. Le montant de l’amende n’est de toute façon pas dissuasif : 35 € contre 1.500£ à Londres.

  • Paris est en retard de calendrier. Pourquoi ?

Par sectarisme, la gauche a consacré la moitié du quinquennat a déconstruire le Grenelle. L’interdiction des véhicules les plus polluants était possible dès 2012, mais madame Hidalgo ne voulait pas en entendre parler parce que c’était la droite qui l’avait portée, dans le Grenelle.
Ce serait seulement ridicule si ce n’était pas la santé des Parisiens qui était en jeu.

  • Paris est en retard d’efficacité. Pourquoi ?  

Avec le Grenelle, l’interdiction des véhicules les plus polluants s’accompagnait de l’écotaxe. Paris devait y gagner de l’ordre de 18 millions d’euros par an qui auraient pu être utilisés pour financer la bascule vers le transport propre. Privée de cette recette, la majorité n’a plus les moyens aujourd’hui de financer la transition des particuliers et des professionnels vers la mobilité électrique.
Ce serait simplement navrant si ce n’était pas une nouvelle fois les finances des Parisiens qui allaient en pâtir !

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