Le Conseil d’Etat, le burkini et la ligne Maginot

M. Goasguen Claude

Certes, le Conseil d’Etat a toujours raison, mais en annulant l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet (à côté de Nice) il a eu quelque part, tort d’avoir raison. Certes, il a confirmé sa jurisprudence, à peu près constante, en matière de libertés publiques (en oubliant quelques exceptions à l’arrêt Benjamin) mais il a simplement omis l’exigence d’un état d’urgence, que Villeneuve-Loubet est à côté de Nice et que la police administrative est aussi préventive et qu’elle n’est pas forcément liée à l’existence préalable d’un trouble de l’ordre public.

Tout cela ne serait pas si grave si la dimension prise par l’affaire du burkini, cette triste pièce de costume islamiste, n’avait pas pris une réelle dimension politique, qui elle, n’est pas mineure.

Croire, en effet, que le port du burkini est une autre manière de porter le monokini ou le bikini témoigne d’une certaine myopie de la part du conseil des sages car il est évident que, dans le contexte actuel, le port du burkini témoigne d’une volonté politique qui peut être inquiétante, dans le climat que nous connaissons marqué par l’épanouissement de l’islamisme djihadiste.

Il est vrai qu’il est plus facile de parler d’une pièce d’étoffe plutôt que de savoir quelles sont les sanctions que le gouvernement entend apporter aux mosquées salafistes (il y en aurait 120) qui déversent semaine après semaine la haine et la guerre sur notre territoire. En a-t-on mis hors d’état de nuire ? En a-t-on fermé quelques-unes ? Lesquelles ? A-t-on expulsé les imams islamistes ? Il est plus facile de parler du burkini.

Certes, les bonnes âmes nous invitent à la tolérance, mais au-delà, dans cette affaire de bout d’étoffe, je me dis vraiment que nous sommes dans un pays qui a l’oubli facile quelques semaines après l’attentat de Nice.

Pays d’autruche, pays où l’autruche est un animal vénéré parce qu’il se cache la tête dès que les problèmes subsistent. Peut-on gagner la guerre contre les terroristes islamistes dans ces conditions ?

Il y a dans l’ordonnance du Conseil d’Etat presque comme un lâche soulagement de voir que les choses ne doivent pas changer et qu’on peut gagner la guerre sans la faire. On a connu cette situation, il y a quelques décennies, avec la ligne Maginot et on sait comme cela s’est terminé.

Je ne souhaite pas que l’ordonnance du Conseil d’Etat soit une ligne Maginot juridique.

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