Renouvellement parisien au Sénat (3)


Le parti Les Républicains cherche à comprendre les raisons des désastres électoraux que nous avons subi.Il serait bon qu’ils pensent à la responsabilité, pour notre image, des pratiques malsaines que connaît notre formation entre « copains et coquins », notamment à Paris. 

J’ai à plusieurs reprises souligné l’effet calamiteux de la désignation de Pierre Charon aux sénatoriales à Paris. Voilà un candidat qui se dit légitime mais qui du moins n’essaie de faire croire à personne qu’il est compétent. D’ailleurs, la structure de notre parti est-elle encore légitime ? Rien n’a changé depuis la mise en place de l’appareil qui nous a conduit au désastre derrière Francois Fillon. Certes, Bernard Accoyer fait ce qu’il peut pour gérer les affaires courantes mais tout le reste n’est qu’arrangement et maintien des copinages. 

Là où il faudrait promouvoir le changement nous nous enfonçons dans les pratiques les plus détestables pour l’opinion publique. La désignation de Pierre Charon sans consultation des Conseillers de Paris, à l’exception de Jean-François Lamour, n’est pas acceptable et lui ôte toute légitimité. 

Pourtant cette élection est importante pour Paris car les sièges parlementaires s’y font rares. Plus que jamais, nous avons besoin d’une vraie présence parisienne au Sénat et non d’un échotier au service des copains du moment. 

Peut-être serait-il convenable que Bernard Accoyer convoque les Conseillers de Paris pour leur demander leur avis ? Il est encore temps de nettoyer les écuries d’Augias !   

Communiqué de presse du Groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale sur la démission du Chef d’état-major des armées

La démission du chef d’état-major des armées est un événement historique qui pose deux questions extrêmement préoccupantes pour nos institutions.

-La confiance entre le Président de la République et notre armée est très gravement mise à mal et sans doute définitivement rompue. Cela pourrait empêcher le Chef des Armées de conduire une politique de défense efficace pour le bien de nos armées et de nos soldats. Nous devrons être extrêmement vigilants sur les conséquences de ce qui est clairement une dérive d’un pouvoir personnel très mal exercé. L’armée française a besoin de soutien et de considération et non d’actes d’humiliation.

-Par ailleurs l’opposition parlementaire s’indigne de la manière dont l’Assemblée Nationale et sa Commission de la Défense ont été traitées et considérées dans le traitement de cette affaire très grave. Le Parlement est souverain . La parole y est libre et nous en appelons au Président de l’Assemblée Nationale pour qu’il fasse respecter notre Assemblée et que le Président de la république n’interfère pas dans la conduite des travaux parlementaires.

Renouvellement parisien au Sénat ? (2)

Cela ne se fait sans doute pas dans un parti qui a décidé de ne rien changer, mais je crois que nous sommes nombreux à vouloir que justement notre formation politique puisse changer pour gagner et reprendre sa place au sein de notre pays.

Les candidats que nous devons présenter à l’avenir devront être différents des copinages du passé.

Notre parti s’est enlisé dans les pratiques de copains et coquins jusqu’à nous discréditer et donner le sentiment d’un parti politique fermé sur lui-même.

Ainsi, on voudrait nous faire croire que M. Pierre Charon est légitimement investi par notre formation politique pour les sénatoriales de septembre prochain et on tente de nous rassembler au nom de l’unité.

Mais ce n’est pas l’absence d’unité qui nous a fait perdre les élections, c’est le fait de soutenir de mauvais candidats discrédités devant l’opinion. L’opinion qui a englobé dans cette critique générale de bons candidats de notre famille injustement vaincus aux élections législatives.

Une CNI croupion née dans les affres de la campagne Fillon et sans réelle légitimité nous impose un candidat. Nous devons refuser car il ne correspond pas à ce que nous souhaitons pour l’image de notre parti. Absence d’interventions dans les débats, présence permanente dans les intrigues, nous n’avons pas besoin d’un échotier pour nous représenter au Sénat, mais de quelqu’un qui peut représenter nos idées et notre avenir.

Je n’ai pas l’intention de céder aux diverses pressions qui essaieront de nous imposer un choix qui n’est pas légitime.

Nous sommes dans un parti libre et je vous invite à ne pas hésiter à contester les choix qui vous paraissent illégitimes.

Je répète une fois encore, il est temps de nettoyer les écuries d’Augias.

Laurent Wauquiez : « Etre de droite, ce n’est pas une maladie honteuse»

A lire absolument, l’interview de Laurent Wauquiez dans Le Monde de vendredi 14 juillet.
Dans un entretien au « Monde », le vice-président du parti Les Républicains dévoile, vendredi, ses pistes pour une refondation de sa famille politique.

Vice-président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez annoncera probablement sa candidature à la tête du parti après la pause estivale. Figure de la droite dure, il dévoile ses pistes de refondation de sa famille politique.

Quel regard portez-vous sur les premières décisions budgétaires du quinquennat ?

Le président de la République et sa majorité ont déjà varié de position très vite et très souvent. Ce n’est pas de l’amateurisme, c’est un symptôme. Ils changent régulièrement de posture, car ils n’ont pas de colonne vertébrale. Ce nouveau pouvoir fonde son action sur du marketing politique et une efficacité technocratique supposés remplacer les convictions.

Emmanuel Macron n’a pas d’idéologie, pas de boussole, pas de valeurs. Regardez les questions militaires… Pendant la campagne, il a promis d’augmenter le budget de la défense à 2 % du produit intérieur brut. Depuis son élection, il a fait de belles images en descendant dans un sous-marin nucléaire. Une semaine après, il a réalisé la coupe la plus claire dans le budget des armées. Tout cela se fait sous l’apparence d’un consensualisme technocratique. Le débat d’idées a disparu.

Approuvez-vous la venue de Donald Trump aux cérémonies du 14-Juillet ?

Ça ne me semblait pas être la priorité. La poignée de main avec Trump, puis le slogan provocateur sur le climat, « Make our planet great again », ne peuvent pas faire oublier que M. Macron n’a pas fait changer d’avis le président américain.

Mais ce pragmatisme et cette communication, n’est-ce pas cela, la politique moderne ?

Non, c’est au contraire la mort de la politique. Pour le moment, on a vu beaucoup de sourires, de poignées de main très commentées, des parties de tennis sur le pont Alexandre-III [à Paris], des photos scénarisées… Ça ne remplacera jamais une vision politique pour la France.

Sur quels sujets l’attendez-vous ?

Il y a un vide abyssal dans son discours sur le régalien, sur l’intégration, sur le creuset républicain. M. Macron n’évoque jamais l’invasion de la barbarie islamiste dans les cerveaux. Il ne veut pas voir la réalité de l’islamisme radical, il est dans le déni. Comme dit [le philosophe] Pierre Manent, le politiquement correct est la langue des gens qui tremblent à l’idée de ce qui pourrait arriver s’ils arrêtaient de se mentir.

L’autre problème de Macron est le divorce des deux France face à la mondialisation. Il comprend parfaitement la France qui réussit, celle des métropoles, il est à l’aise dans un hôtel de start-up à Paris ou à Las Vegas. Mais il ne s’est jamais adressé à l’autre France, celle des ouvriers et des classes moyennes. Son expression sur les Français « qui ne sont rien » est révélatrice, car elle lui vient naturellement, elle surgit du fond de son cortex. C’est l’équivalent des « sans-dents » de François Hollande.

Vous avez fait campagne pour François Fillon qui n’a pas particulièrement attiré la France populaire…

C’est vrai, et vous reconnaîtrez que j’ai tiré la sonnette d’alarme. Nous n’avons pas su suffisamment parler à la France périphérique.

Emmanuel Macron travaille avec des personnalités de droite dans son gouvernement. Pèsent-ils sur la ligne selon vous ?

Ils sont dans une errance et n’ont réussi à imposer aucun changement dans le programme. Nous avons assisté à un débauchage de personnalités qui ont renoncé à leurs convictions, comme par exemple [le ministre de l’économie] Bruno Le Maire, qui a préconisé la baisse de la contribution sociale généralisée pendant sa campagne des primaires et va maintenant l’augmenter. [Le premier ministre] Edouard Philippe, lui, n’est aujourd’hui pas quelqu’un de droite.

Faut-il les exclure des Républicains ?

Ils ont trahi pour occuper des postes, ils nous ont quittés d’eux-mêmes. Il y a une procédure d’exclusion en cours, mais ils pourront s’expliquer, il n’y aura pas de brutalité. Il faut continuer à tendre la main aux autres, notamment à ceux qui ont été otages d’aventures personnelles.

La droite doit-elle se refonder idéologiquement ?

Il y a deux chemins. Le premier est celui du consensus mou, d’une adhésion passive à l’action d’Emmanuel Macron sans assumer la lutte sur le terrain des valeurs. C’est la voie la plus facile, mais c’est la certitude d’une mort douce.

La deuxième voie est plus exigeante : elle consiste à se réinterroger sur les valeurs de la droite. C’est celle qui s’inspire d’un certain nombre d’intellectuels : Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Michel Houellebecq, Michèle Tribalat, Elisabeth Badinter…

Patrick Buisson ?

Je ne l’ai pas cité. A chaque fois, on m’interroge là-dessus : j’ai dû voir dans ma vie en tout et pour tout six fois Patrick Buisson, et ça doit faire quatre ans que je ne l’ai pas vu.

Quelles sont les valeurs de la droite pour vous ?

L’ascenseur social, l’idée du mérite à l’école, la volonté de défendre un modèle social miné par les injustices, l’identité et l’intégration, qui sont mises en danger par le communautarisme, l’attachement au travail…

Nous ne pouvons pas non plus être dans un désert de discours sur la question de l’environnement en sortant de la seule approche malthusienne par les normes. Il faut repenser les territoires de la droite et en investir de nouveaux. Nous ne devons pas nous excuser d’être de droite.

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Commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv

Bienvenu à Benjamin Nétanyahou qui nous fait l’honneur de sa présence pour célébrer le 75e anniversaire du drame de la rafle du Vel d’Hiv :

– une présence incontestable pour rendre hommage à tous les juifs déportés par la barbarie nazie

– une présence incontestable pour affirmer la présence du sionisme dans la lutte contre l’antisémitisme

– une présence qui ne peut être contestée que par une minorité de ceux qui par l’intermédiaire de la lutte contre Israël font le lit de l’antisémitisme.

Renouvellement parisien au Sénat ? (1)

Notre parti n’a décidément pas compris qu’il fallait en finir avec une certaine pratique politique qui constitue à reconduire des gens dont l’inefficacité est patente lorsqu’ils sont élus.

Les élections législatives de ce point de vue permettent au moins aux députés de se soumettre au scrutin difficile des élections directes et je peux en témoigner puisque nous avons perdu beaucoup de députés méritants.

En revanche, les élections sénatoriales parisiennes restent du domaine du secret de coursives où les arrangements les plus alambiqués portent au Sénat des gens qui souvent ne sont présents qu’au moment des élections.

Dans ce genre, le sénateur Pierre Charon reste un exemple incontournable. Présent dans toutes les combines, absent dans tous les débats.

Il a été paraît-il choisi par une CNI (commission nationale d’investiture) secrète comme candidat parisien. Il est bien évident que nous ne saurions accepter pareille désignation.

M. Charon avouant d’ailleurs lui-même qu’il n’a qu’une ambition dans cette élection, celle de devenir le tôlier du Sénat pour en gérer le restaurant, ce qui reste une ambition politique assez surprenante.

Il faudra donc barrer la route à ce personnage qui n’a fait que trop de mal à la politique parisienne. Je regrette que deux personnes estimables, Julie Boillot, dont je connais l’intelligence, et Frédéric Péchenard, dont  je connais la probité, aient pu se laisser prendre à ce piège.

J’espère que mes collègues conseillers de Paris mettront fin à cette situation ubuesque. Je ne manquerai pas de faire campagne à ce sujet jusqu’aux élections sénatoriales pour nettoyer les écuries d’Augias.

DEPUTE DE PARIS – ANCIEN MINISTRE